oui, ok, le jeu de mot est pouri, ça ne correspond même pas à la date d'apparition de la hernie,
mais ça me faisait marrer. C'est MON blog après tout...
C’est marrant, j’ai commencé l’écriture de mon blog sur un fichier word, qui ne cesse de grandir au fil du temps. Je suis dessus en ce moment, à rédiger ce post, juste après avoir rédigé celui
qui servira d’introduction, de page d’accueil de mon journal intime, tellement intime que n’importe qui (enfin sauf les cubains, les tibétains, les nord-coréens…) pourra tomber dessus, en ayant
tapé la bonne combinaison de mots clé sur google. Deuxième sujet donc, mais page 6 sur 6 de mon (encore pour l’instant) petit fichier word, et le premier sujet tient sur une page. Il y a donc
déjà 3 autres titres de sujets inscrits (plus une page de sommaire pour que je m’y retrouve), largement plus importants que celui-ci, 3 sujets qui peuvent certainement résumer à eux seuls la
raison profonde de l’ouverture du blog. Mais bon, il faut rendre à César ce qui appartient à César. Jamais je n’aurais commencé la rédaction de ce blog sans ce « petit » incident de
santé, qui n’est d’ailleurs à l’heure actuelle même pas encore terminé (mais c’est sur la bonne voie).
En fait, l’ouverture de mon blog tient surtout à la prise prolongée de Myolastan et Rivotril (Tétrazépam et Clonazépam pour les connaisseurs) qui, parallèlement à la détente nerveuse et donc musculaire, te mettent le moral dans les chaussettes (un jour j’aurai peut être le courage de vous avouer que j’ai même chialé devant 24 heures chrono…). Hypersensibilité émotionnelle donc, qui a provoqué en moi le désir de parler, pour évacuer. Mais on triche là, on est déjà près de 5 mois après l’apparition des premiers symptômes ! Reprenons depuis le début.On pourrait appeler ça « longue descente de mon moral par le nerf sciatique jusqu’au fin fond de mes chaussettes ».
Tout a commencé par des maux de dos sporadiques vers fin novembre. Ça aurait dû me mettre la puce àl’oreille, mais comme ces maux repartaient aussi vite qu’ils venaient… En plus, il semblait toujours y avoir une originie plus ou moins valable à la douleur : ça devait venir du lit à Vouvray, devenu trop mou avec les années, ou alors c’était moi qui me tenait mal assis au boulot, ou trop avachi sur le canapé pour jouer aux jeux vidéo. J’ai même consulté un médecin (qui est maintenant mon médecin traitant), et passé une radio du rachis lombaire mi janvier qui n’a rien donné.
- Petite sciatalgie, qu’il a dit le monsieur, peut être le stress, la fatigue, rien de bien méchant … (Je t’en foutrais tiens !)
- Une sciatalgie, gnééé ?
- Une sciatique quoi (avec ce petit regard genre « mais il est con ce bouseux ou quoi? », ils savent bien se la jouer « au dessus du lot » les médecins, quand ils veulent ! Moi aussi je sais faire des mots qui valent pleins de points au scrabble !)
- Bah oui mais pourquoi j’ai pas mal au dos et juste à la jambe ?
- Parce que c’est une sciatique tronquée, jeune padawan (oui là je romance un peu mon histoire….)
- Ah ok ok ok…
Bref, j’ai laissé pisser. Erreur, grave erreur, que j’allais payer durement en janvier.
Notre chère Laurette, toujours partante pour une sortie, accepte notre inivitation de venir passer le weekend sur Paris, proposant mêmede fournir le programme! Ça sera « Couscous aux lardons » samedi soir, une pièce de théatre qui, comme son nom peut le laisser supposer, traite avec légerté de tolérance et de tradition entre communautés religieuses, par le biais d’un couple que l’on suivra un petit lapsde temps, de leur prise de décision de se marier à la naissance de leur enfant. Présenté comme ça, c’est clair que ça ne fait pas relever la nuit, et on sent à grands pas arriver le relatif ennui déjà ressenti pendant le visionnage de « Mauvaise foi ». Mais finalement, les bonnes critiques que Laure avait entendues se sont avérées justes, et la pièce a pleinement remplie son rôle de divertissement, le temps d’une petite heure et demie bien tassée.
Mais il est où le rapport à la hernie discale bordel ? J’y viens. Laure était arrivée dans la journée, et ma pauvre Julie était retenue toute la journée aux archives, vers Porte des Lilas. Je devais donc trouver un programme pour l’après midi, et j’étais un peu à court d’idées. Heureusement Laure, quand elle part en weekend, elle n’emporte peut être pas ses chaussons et son seche cheveux, mais elle vient avec un programme de secours, au cas où. Ça sera donc les puces, à Saint Ouen, pour profiter des soldes. Une expérience assez intéressante, où j’ai notamment découvert une Laurette comme un poisson dans l’eau à jouer les marchandes de tapis avec les grands blacks dela Porte de Clignancourt. Je ne me souviens plus ce qu’elle a ramené de là-bas, mais moi, ça a été mon instrument de torture. En ce moment en pleine préparation de mariage, revenant d’une journée de « rencontre et d’échange » avec d’autres jeunes couples de la paroisse baignant tous (ou pas) dans la ferveur chrétienne, je serais tenté de dire que j’ai péché par avarice, et que j’en paie aujourd’hui le prix. Enfin bon, même si c’est douloureux, on n’est pas non plus dans SE7EN! Un peu comme la pomme du péché originel, mon bourreau a choisi une apparence banale pour tromper ma vigilance : une belle paire de Converse grises à 35€.
J’étais tout content, j’avais enfin des pompes qui ressemblaient à quelque chose ! Seulement voilà, des converses, c’est sympa mais c’est super chiant à mettre !!! Quelques jours après mon achat, je me suis mis tranquillement dans le canapé, on devait sortir, je m’étais fait tout beau, restait plus qu’une touche finale : enfiler mes belles pompes. Et ce fut le drame. A trop me pencher en avant, j’ai trop forcé, et ressenti alors une douleur d’une intensité qui m’a scié en deux ! C’était début février, le début du vrai calvaire.
C’est marrant les coïncidences, je reprends l’écriture de ce sujet, 15 jours après l’avoir laissé, alors que je suis rentré chez moi me reposer le corps et la tête. J’en ai profité pour aller ce matin voir mon médecin de famille, qui vient de me confirmer justement que c’est à ce moment précis justement, en enfilant mes put%@& de converses, que je me suis collé ma hernie discale !
La douleur s’est montrée de plus en plus forte, de plus en plus présente. Au début, c’était juste quand je voulais me relever de mon fauteuil au bureau, grosse brulure à la hanche et gros coup de jus dans toute la jambe. Mais j’avais trouvé la parade, en tendant la patte et en me levant comme un handicapé, je pouvais limiter la casse. Seulement voilà, ça va bien un temps, mais ça règle rien ! Pareil, j’avais un petit cocktail myolastan-diclofénac-propofan, mais une fois l’ordonnance terminée, bonjour la danse ! Début mars, la situation devient intenable. Cela fait près de 15 jours que je me tape le trajet porte d’Orléans-centre de recherche EDF des Renardières (75km au sud est de Paris, 2h porte à porte…) debout, tellement la douleur m’empêche de m’asseoir et surtout de me relever après. Il a alors fallu monter d’un cran dans le traitement : infiltrations ! On est début mars, et le rhumato, qui avait confirmé la sciatique diagnostiquée par le médecin sans vraiment s’avancer sur son origine, me file alors mon premier arrêt maladie de 10 jours, et me prescrit un scanner pour tirer tout ça au clair, pensant que l’infiltration allait pouvoir se passer la semaine suivante et que ça me laisserait le temps de m’en remettre. Seulement voilà, l’hosto est débordé, et me rappelle en milieu de semaine suivante pour me dire… que l’infiltration ne sera que 15 jours plus tars ! Je repars pour un tour de traitement, qui me fait me sentir bien mieux. Tellement mieux que pour occuper mes heures de sorties autorisées (arrêt maladie depuis le 5 mars…) je me ballade, l’après midi. A ce moment là, j’avoue, j’ai un peu l’impression d’être en vacances. C’est que je ne savais pas encore que mon chef ne comptait pas me filer un petit coup de pouce niveau salaire, et que pendant mon arrêt je n’allais toucher que 60% de mon salaire brut… Un jour, le 13 (si si !) mars, je décide que pour ma ballade quotidienne je vais aller me faire du mal, du côté de l’avenue de la Grande Armée, du côté de l’avenue des concessionnaires motos… mais ça sera pour un autre sujet ! A cette époque, je pensais que j’allais pouvoir chevaucher la bête quelques jours plus tard … « lol », comme diraient les jeunes prépubères sur msn (comment ça je le fais aussi ???). Une petite douleur à la cheville est apparue, au fur et à mesure des ballades, mais c’est supportable (enfin à la longue c’est chiant quand même !).
Premier coup dur, le scanner du 18 mars. Cela peut paraître futile, mais quand à 25 ans on te diagnostique une belle hernie discale des familles, « maladie de vieux » par excellence, bah ça te fout une grosse claque sur le moral…
Première infiltration le 20 mars, qui ne donne pas grand-chose. Enfin si, j’ai dû quand même battre un record, en faisant un malaise vagal avant et après l’infiltration ! Champion du monde, je contacte le ministère de la défense pour rentrer dans le service action de la dgse dès que les douleurs sont passées… Au passage, pour le moral, ça fait aussi du bien, les infirmières qui te dévisagent et te sortent « une hernie discale à votre âge ? Mais c’est plus tard en générale non ? ». Et alors conn@§§£, si ça m’amuse de prendre de l’avance, c’est mon droit non ?
Confiant, je m’étais dit que ça suffirait, et donc quand le rhumato m’a dit « bon, je prolonge l’arrêt maladie jusqu’au vendredi 21 mars, comme ça, ça laisse le weekend et le lundi de Pâques pour s’en remettre, et ça sera bon ». Hihihi, je me marre (enfin, après coup, et parce que là ça va un peu mieux en cette fin de belle soirée d’avant pont du 8 mai, allongé sur mon lit). Déjà en partant de l’hosto, vers 17h, après les 3h de sieste obligatoire, je sens que mon bassin est, comment dire, « flottant ». Chaque pas que je fais me résonne dans tout le dos. C’est pas que ça fait mal, mais ça fait tellement bizarre que je décide de faire le trajet en tram plutôt qu’à pied, alors que pourtant, porte de Vanves à porte d’Orléans, c’est pas la mort ! Je ne me souviens plus très bien, mais la nuit de vendredi à samedi doit être la première où on dort chacun de notre côté, moi sur le canapé. Le lendemain, je me sens toujours pas super en forme mais bon, il faut rester tranquille 48h après l’infiltration, et j’ai 72 heures devant moi avant de reprendre le boulot, ça va le faire. Dans la nuit, petite frayeur : la douleur à la cheville s’intensifie, et je sens alors gonfler mon dessus du pied, et mon tendon sous la malléole est vraiment proéminant ! Le dimanche mon bassin n’est plus « flou », mais la cheville est toujours enflée. Le lundi, je ne ressens plus du tout les séquelles de l’infiltration, et les antalgiques me font oublier la douleur quand elle revient. La cheville, elle, me tire sur la gueule. Elle me tire tellement que le mardi matin, tôt le matin, très tôt le matin, je me réveille par la douleur ! Mais dilemme, je dois aller au boulot, il est 3h du mat, je dois choper le train de 7h13 à la gare de Lyon, ou alors je me tape le trajet en bagnole et je vais morfler sa mère. Je tourne je tourne je tourne, et vers 5h, je décide d’aller marcher dehors pour le dégourdir les jambes, parce que ça me fait du bien. Enfin c’est ce que je dis à ma future femme pour pas l’inquiéter (3ème jour à faire chambre à part…). Petit mensonge par omission, la douleur est tellement forte que je décide d’aller aux urgences de l’hosto où j’ai fait mon infiltration pour qu’ils regardent ça. Marcher me fait du bien à la hanche, mais pas à la cheville !!! J’y arrive au bout de 45 min, et j’appelle ma chérie pour la prévenir de mon programme.
C’est là que je découvre le rôle principal des urgences, la nuit : cellule de dégrisement ! 3 cadavres allongés sur les chaises à l’accueil, ça ronfle sec ! Je me présente, je dis pourquoi je viens vite fait, la femme me dit de patienter un peu, déjà d’un ton un peu pas trop aimable. Au bout de bien 20 minutes, elle revient, et me demande de lui raconter en détail. Je lui fais mon petit speech, elle fait la moue : « c’est quoi le rapport avec l’infiltration ? », « on est aux urgences ici… »… Elle me fait quand même rentrer, et m’installe dans une salle et me dit d’attendre. Là cette grosse truie se rend dans la salle d’à côté, et se met à parler tout fort à sa collègue médecin pour que j’entende bien : « je cherche même plus à comprendre, les gens ils viennent ici pour rien, c’est du n’importe quoi ». Je commence à bouillir. Sa collègue arrive, je lui raconte mon histoire, je lui fais remarquer que j’ai bien entendu leur conversation.
- j’ai entendu que votre collègue était pas contente, mais moi je ne savais pas trop quoi faire, on doit aller où pour ce genre de chose ?
- bah monsieur, c’est vrai que pour ce cas précis c’est plutôt chez le médecin traitant qu’on doit aller
- bah oui, mais à 6 heures du mat un jour où on bosse on va où ?
- bah, aux urgences…
On est bien d’accord, l’autre était bien qu’une conne de grosse truie. Pas de censure des gros mots ici, ça m’a vraiment affecté les réflexions de l’infirmière. En partant, j’appelle ma youille pour lui raconter, premier moment de lachage, première crise de larmes. On dira ce qu’on voudra, mais quand tu peux compter en mois une douleur quotidienne et quasi incessante, quand on te diagnostique ce genre de truc à 25 ans, bah ça te casse un peu le moral. Je rentre à l’appart, je vais au boulot en bagnole, mais le cœur n’y est pas, le corps non plus. Ma cheville me lance, et les 45 minutes de trajet me semblent interminables. Au boulot, en plus de la cheville, ma jambe recommence à me tirer, même quand je suis assis. Gros sur la patate, je rentre à l’appart après une journée de travail assez écourtée. Dans la nuit encore passé tout seul sur le canapé, je me tords de douleur dans tous les sens. Dépité, je force un peu sur la dose de propofan (7 au lieu de 6 par 24h), et je me jette sur le dernier comprimé de nexen (anti inflammatoire) que j’avais laissé de côté, au cas où. Erreur de débutant, un anti inflammatoire ça ne se prend pas le ventre vide, et encore moins sans avoir pris auparavant un autre médoc (gaviscon, oméprazole…) pour te tapisser l’estomac, et ainsi t’éviter vertiges et mini ulcères… que je ne tarde pas à ressentir !!! Gros moment de solitude, je tourne en rond, parce qu’allongé la douleur à l’estomac est trop forte, mais en marchant ma cheville me lance dans tous les sens. Je fais les 100 pas dans l’appart en me tenant le ventre et en baissant la tête pendant que la future madame Boigne se prépare. En y repensant, j’avais exactement le même comportement que les ours des zoos, quand ils sont devenus fous après trop de temps passé en captivité : je marche comme un zombie en hochant la tête, et je tourne en rond en refaisant inlassablement le même trajet. C’est qu’il a beau être beaucoup plus grand que le précédent, notre nouvel appart ne fait que 45m², pas de quoi se faire une grosse ballade ! Je finis par appeler SOS médecin, pensant faire une intoxication par surdose de médocs. Le médecin me rassure au téléphone, me dit que ça va passer, que je n’ai qu’à aller voir mon médecin dans la journée, sans rien prendre en attendant.
Je prends alors mon mal en patience, les vertiges diminuent petit à petit, l’incendie dans l’estomac s’éteint peu à peu (le premier qui se marre je lui colle un anti inflammatoire dans le bec entre 2 repas et je le filme se décomposer !!!). A 9h pile, j’appelle le cabinet pour prendre un rdv à domicile, pas possible de bouger avec ma cheville. Je me traine quand même jusqu’à la pharmacie (100m de l’appart) pour aller chercher l’attèle souple et la crème qu’on a bien daigné me prescrire aux urgences. La cheville va un peu mieux, j’attends la venue du médecin… qui m’appelle à 17h30 pour me dire qu’il y a eu cafouillage dans son agenda, qu’il est rentré au cabinet pour ses consultations. Il me dit de passer le lendemain, que je peux reprendre les médocs habituels.
J’aurais donc fait un jour de reprise, et rebelote en arrêt, pour une semaine. Je retourne voir le rhumato, on n’annule pas la deuxième infiltration, et cette fois-ci il laisse de la marge pour m’en remettre : premier arrêt jusqu’au 11 mars, mais certainement que ça sera jusqu’au 18…
Prévu de longue date, le dernier weekend de mars est réservé pour la préparation au mariage à Montrouge. Tout l’après midi du samedi, et la journée entière du dimanche, en finissant par une messe ! Entre conférences en commun et séances en petits groupes, une centaine de personnes environ sont là pour vivre « ce grand moment de communion… » . Déjà sur le papier, je sens que ça va pas le faire… J’arrive avec mes béquilles et mon atèle dure, fraichement prescrite par le médecin. La présentation et le premier atelier en petits groupes se passent non sans mal, je me tourne dans tous les sens sur ma chaise. A 16h, petite pause, la délivrance ! Je file à l’appart déposer mes béquilles qui me font mal (la cheville pendouille et c’est encore plus douloureux que de se poser dessus, bizarrement) et me changer, parce qu’avec le propofan, vive la transpi ! Un truc de malade. J’ai toujours eu du bol, j’ai jamais transpiré plus que ça (enfin, sauf à notre premier cours de LIA, tu te rappelles Fanfan ?), mais alors là, j’ai rattrapé 25 ans de sécheresse aissellienne ! Je reviens pile à l’heure pour le deuxième atelier, tout parfumé dans un nouveau polo, et surtout, avec un coussin sous le bras ! Mais rien n’y fait, il faut que je zappe la dernière séance en commun, je rentre à l’appart en abandonnant ma chérie pour la dernière heure de calvaire, pas fier…
La nuit du samedi à dimanche on en parle pas, c’est comme les précédentes, chacun dans sa pièce, moi réveillé toute la nuit en me tournant dans tous les sens, bref, rien de nouveau…
Le lendemain en partant, c’est le drame. La douleur est encore plus forte que d’habitude. Dans l’ascenseur, je craque pour la deuxième fois. Je tombe dans ses bras en pleurant. « j’y arrive pas mon amour, je peux pas, j’ai trop mal ». Je retourne me coucher, et je repars là bas pour 10h, le repas du midi sous le bras. J’arrive à la fin de la séance commune, de nouveau atelier en petits groupes. Même si les ateliers ont vraiment été intéressant et pas du tout « prechi precha » comme je m’y attendais, j’ai du mal à être positif sur ce weekend. Je rentre manger à la maison plutôt que de rester là bas avec tout le monde. J’essaie de repartir pour être à l’heure, je suis un peu à la bourre, je force, j’ai mal, je craque, encore. Pour ceux qui sont venu à l’appart nous voir, je n’ai pas réussi à aller plus loin que la boulangerie du coin de la rue, et encore je n’ai même pas réussi à traverser. En sanglots j’appelle ma youyouille que j’aime. Répondeur, je laisse un message incompréhensible à cause des sanglots, mais qui globalement reprend ce que j’ai dit au craquage numéro 2. Je rentre me reposer, et je la rejoins en fin de journée, pour la messe à laquelle on devait assister tous ensemble.
On tergiverse.
- On y va ? On y va pas ?
- Bah moi franchement ça me dit rien mais bon, maintenant que je suis là
- Mais ça va te faire mal mon amour
- Oui mais il faut y aller
- Bah ouais c’est ça, ça va pas trop le faire si on zappe ça
- Bah on reste alors
- Oui mais tu as mal, ça m’embête
- Ecoute, on a dit qu’on reste alors on reste, c’est trop tard maintenant !
Sanglots dans l’église, mais pas les miens. Oh je pourrais mettre ça sur le compte des médicaments, c’est écrit noir sur blanc sur la boite, « agressivité, changement d’humeur »… Mais non, c’est pas ça. Je me suis tout simplement conduit comme un gros connard, et elle encaisse depuis le début. On est fin mars, ça fait presque 2 mois que je suis agressif, que je vais la gueule, que je ne fous plus rien à l’appart, qu’on ne se parle plus beaucoup, qu’on ne fait plus de câlins, plus de sorties, qu’on ne dort plus ensemble… Elle qui a tant besoin en ce moment que je l’aide pour la dernière ligne droite, que je lui remonte le moral, je ne suis plus là pour elle. Début mars ça allait, les médicaments faisaient leur office, on avait même passé une semaine ensemble, main dans la main pour qu’elle finisse son gros dossier pour la fac. Pour qu’elle reste motivée jusque tard dans la nuit, je restais dans le salon, à jouer à Super Mario Galaxy tout en faisant tourner la Senséo, jusqu’à 4h du mat. On papotait, je lui remontais le moral. En ce temps là je lui servais à quelque chose… Mais il est loin ce temps là maintenant, je suis devenu un boulet, qui lui casse le moral dès qu’elle le voit, se tortiller dans tous les sens, en gémissant. Première prise de conscience, tardive, qu’il n’y a pas que moi qui souffre dans l’affaire.
Une deuxième infiltration le 3 avril, qui semble plus efficace. Un seul malaise, je commence à être un boss ! Je me sens mieux physiquement, mais c’est pas encore le pied. Ma mère vient passer le weekend sur Paris le 12, histoire aussi de voir l’appartement de ma sœur. Je suis obligé de zapper quelques sorties et visite. On se rend chez mon oncle et ma tante, à Chatou. C’est une des premières « longues » sortie en voiture, hormis quelques séances courses à Vélizy ou Evry. Le voyage ne se passe pas très bien, je gesticule, la position assise en voiture, avec les genoux au dessus du niveau des hanches, est très douloureuse. Bien évidemment ma mère s’en rend compte, elle voit bien que mon état n’est pas aussi brillant que ce que lui raconte au téléphone. Mon arrêt est prolongé, je recommencerai donc le boulot le 21 avril. Visite de contrôle de la sécu le 18, assez instructif d’ailleurs, sur le comportement humain, de rester 30 minutes en salle d’attente dans ce genre d’endroit, et de voir défiler les gens. Entre ceux qui ne veulent pas lire les consignes, ceux qui pensent que leur cas est tellement important que ça leur donne le droit de couper toute la file, ceux qui sont agressifs et qui ne savent pas s’exprimer… ça doit trop être enrichissant, hôtesse d’accueil à la sécu. Enfin cela dit, si en même temps on effectue une thèse en anthropologie, c’est une mine d’or !
La médecin « confirme l’arrêt tel qu’il a été prescrit », et les manipulations qu’elle fait me montrent bien que niveau sciatique ça va mieux. Pour les gens du milieu (enfin, personne sauf Céline quoi), ma forme de Lassègue est à 40°, au lieu de 10° au début, et je n’ai plus de douleur électrique quand je lève la jambe. Mais toujours le même refrain : dès que l’ordonnance d’anti-inflammatoire et d’antalgique est finie, ça recommence ! Résultat, vraiment pas très chaud pas aller sur Tours fêter l’anniversaire de Romain, c’est la mort dans l’âme qu’on décline au dernier moment. C’est un coup au moral, ça fait vraiment chier, mais comme je dois reprendre le boulot le lundi après 7 semaines d’arrêt maladie, la raison l’emporte sur l’envie, il faut rester et se reposer, surtout avec l’épisode de Chatou.
Reprise la fleur au fusil le lundi 21 avril. Je dors toujours très mal, réveil à 2h du matin, je prends les médocs du matin, ce qui fait que ceux du midi sont pris à 8h30, quand j’arrive au boulot, et ceux du soir à 14h. La première journée se passe « assez » bien, je rentre crevé mais relativement content d’avoir survécu. Celui qui supervise le projet sur lequel que je bosse, et avec qui je partage le bureau, est en déplacement. Cela me permet de faire des pauses régulièrement, de prendre mon fidèle petit coussin, de m’allonger sur la moquette et de le caler dans mon dos, entre 2 calculs. Mais je finis par craquer, mercredi ou jeudi, je ne sais plus. J’appelle Julie, et j’explose en larmes. J’en ai gros sur la patate. 3 mois complets que la douleur est quasi omniprésente, que je passe mes journées et mes nuits à prendre des médocs. Je me sens mal, la position assise au boulot relance les douleurs de plus belle. Je me sens rincé, vidé. Je prends rdv avec le médecin le vendredi pour en parler. Le Rivotril est un médicament, peut être efficace pour calmer l’épilepsie, mais les effets secondaires sont inquiétants. Dépendance, tendance dépressive pouvant entrainer des envies suicidaires… réjouissant tout ça. Je n’ai jamais été jusque là, quand même. C’est là qu’on se rend compte vraiment à quel point c’est important et salutaire d’être bien entouré. Je ne remercierai jamais assez Julie pour son soutien. Un des prochains sujet lui est dédié, c’est prévu (plus que 2 sujets mystère…) pour essayer de coucher sur le papier électronique combien je l’aime, combien elle compte pour moi. Trouver les mots justes et surtout suffisamment forts s’annonce difficile.
Je rencontre le médecin le vendredi. Les gens d’EDF sont compréhensifs, ils me laissent faire du télétravail, ce qui me permet de prendre mes rdv. On décide alors de baisser progressivement les gouttes de Rivotril, et on repart pour une semaine de prescription.
Le lendemain matin, départ pour Vouvray sur Loir, le dimanche est réservé pour, encore une fois, des rencontres avec d’autres jeunes couples baignant comme nous (hum…) dans l’allégresse de la chrétienté, mais cette fois ci dans le presbytère de Château du Loir, puis en forêt, près de Lavernat. Le voyage est toujours aussi douloureux, même si cette fois-ci j’ai prévu le coup, et d’entrée de jeu je l’allonge sur la banquette arrière, un oreiller pour me caler la tête, un pull pour me caler le dos. On arrive chez moi, je tombe en larme, encore, mais cette fois ci dans les bras de ma mère. Il fait beau, en arrivant on a aperçu Anne Laure dans le jardin chez Fanfan, avec Jean Paul qui fait joujou à monter sa cabane. Je m’y rends avec Julie, pour marcher, me déplier les jambes, et arrêter de pleurer. Mais le mal est fait, j’ai encore bien fait peur à ma mère. Repos intégral le samedi après midi, petite nuit, comme d’hab.
Etrangement, le dimanche se passe relativement bien. Le calme dans l’église, le beau temps, le cadre à Lavernat, le mélange de tout a du me faire du bien au moral, m’apaiser. Voir des gens aussi, ça fait du bien. Jean-Charles et Elodie sont là, on papote, on déconne un peu, ça aide, je me sens mieux. Le retour un poil moins douloureux, un gros poil, mais un poil quand même.
Retour au boulot le lundi, je rappelle le cabinet dans la matinée. Le médecin n’est pas encore arrivé, je laisse un message pour qu’il me rappelle, à propos de ma prescription. Celle-ci n’était que pour une semaine, dans ma tête on devait donc se revoir après, et changer les gouttes par autre chose. Le médecin me rappelle dans l’après midi, manifestement il n’avait pas trop prévu de changer les prescriptions, il semble un peu à court d’idée. C’est vrai que je commence à avoir pris pas mal de combinaisons différentes d’antalgiques et d’anti-inflammatoires, il pensait que ça irait plus vite, et que je n’aurais pas besoin de tout ça aussi longtemps. On prend rdv pour parler de tout ça en fin de semaine, comme ça 2 séances de kiné seront passées, on y verra peut être un peu plus clair.
Le moral ça va un peu mieux, sans doute la baisse des gouttes ? Première séance de kiné le 29 avril, ça semble efficace. Enfin, on sent que ça fait effet ! Il opère à seulement 100m de l’appart, une chance ! Je rentre me reposer à la maison, et là je craque, tout seul dans l’appart, je pleure tout le reste de la matinée. Tout cela commence à être trop long…
Je retourne au boulot le mercredi. Les douleurs sont là, c’est un peu supportable, mais mon collègue de bureau est là aussi, alors on oublie les séances de relaxation par terre. Pour me changer les idées, je pars me balader dans le centre EDF. C’est vrai qu’il est super grand, en pleine campagne. Je trouve un petit coin tranquille à l’abri des regards, et je me laisse aller à ma séance de larmes quotidienne.
Jeudi 1er mai, il fait beau, on a toute la journée devant nous, mais on restera à l’appart toute la journée, moi dans le lit à me reposer, Julie à se faire chier dans le salon, surement très déçue de ne pas pouvoir profiter avec moi de cette journée. Surement fatiguée de la situation. On en parle justement le soir même, au lieu de regarder des épisodes d’Urgences sans se parler vraiment comme on faisait tous les soirs derniers. Elle en a gros sur la patate, elle est fatiguée. Même si elle ne veut pas l’admettre, je sais que c’est de ma faute, que c’est de me voir dans cet état là depuis des lustres qui lui sape le moral. Notre vie de couple à quasiment disparue. On sait qu’on s’aime plus que tout, mais on se manque douloureusement. C’est encore pire que l’éloignement, d’être l’un à côté de l’autre sans pouvoir se prendre dans les bras, sans avoir le moral pour se parler… il va falloir agir, prendre sur soi, ça a assez duré !
Deuxième séance de kiné le 2 mai, et médecin juste après, comme prévu. Changement de prescription, on baisse les gouttes, on change antalgique et anti inflammatoires. Nouveau cocktail, nouveau départ ? Raté.
La nuit du vendredi est horrible, encore pire que toutes celles passées avant. L’antalgique (Contramal) semble inopérant, sauf pour me filer les effets secondaires, les vertiges, et bientôt la constipation. Pour compléter, j’ai le droit à du paracétamol et de l’ibuprofène, autant pisser dans un violon. Je préviens Le Pimp, on ne rentrera pas, on ne peut pas le ramener pour faire l’enterrement de vie de garçon de Jean Charles et Elodie, deuxième grosse déception. Ce matin là, on devait aller ensemble au concessionnaire Ducati pour poser la plaque d’immatriculation définitive, et ensuite décoller. Je sens que je n’aurai même pas la force d’aller en métro là bas. Toujours serviable, mon pimpin prend la moto, me dit que c’est pas la peine de l’accompagner, qu’il peut se démerder. J’appelle Ducati, pas de problème pour que je ne sois pas là, surtout que je tombe sur celui qui nous avait fait la livraison, il connaît donc le pilote. Non non, la moto c’est vraiment pas pour tout de suite. Romain revient, et repart avec sa moto. Il est fidèle à lui-même, on le plante le jour même, mais il retourne la situation (« ça le fait je vais rentrer en moto c’est cool »).
Globalement, le weekend est horrible, pas de sommeil, des douleurs qui ne partent pas. Je rapproche un peu trop la prise de Contramal, le retour de bâton est immédiat, constipation horrible, une douleur de plus, c’est cool… Je n’ai plus d’appétit, j’ai encore perdu du poids (en tout, 6kg en un mois et demi), j’ai donc le ventre vide, ce qui n’est pas génial pour les anti-inflammatoires, même avec la prise d’Oméprazole. Vertiges et mini ulcères. J’envoie un mail à mon chef, impossible de retourner au boulot, je prends les 3 premiers jours de la semaine, j’avais déjà posé le jeudi, une semaine complète pour s’en remettre.
Médecin le lundi 5 mai, j’appelle pour lui parler, il n’arrive qu’à 10h. Je me rends donc là bas, histoire de le choper entre 2 rdv. Comme à son habitude, un seul patient de passé de son côté, là où ses deux collègues en passent 2, voire 3… je fais les 100 pas dans le couloir. Il me fait enfin rentrer dans son cabinet. Il ne peut rien changer, il faut se reposer, se détendre. Il faut aussi se rendre à l’évidence, d’après lui le cocktail anti-inflammatoire/antalgique est équivalent à celui d’avant, et donc si les douleurs reviennent alors qu’on ne fait que baisser le produit (Rivotril) qui traite le système nerveux, c’est donc que c’est là que ça se passe, et donc la hernie doit toujours être là… Et puis paf, en partant, la réplique « qui tue tout » comme dirait Mayouze :
« C’est bien de repousser de repousser, mais au bout d’un moment il va falloir faire penser à l’intervention ».
Craquage, gros craquage, intégral, sur tout le trajet du retour. Je passe devant le cabinet du rhumato pour pendre rdv, mais ce n’est pas possible, je pleurs trop. Trop cassé, je rentre à l’appart. Je veux appeler ma mère, mais pas possible, pas dans cet état là, je vais lui faire trop peur. Ma sœur est chez elle, elle attend les menuisiers qui doivent lui changer le meuble de son ballon d’eau chaude. On papote sur msn, je lui raconte mes misères. Elle me dit de quand même appeler, ça peut me faire du bien. Soit, j’appelle. Heureusement, problème chez France Télécom dans la région, je n’arrive pas à la joindre, je préfère. J’appelle le rhumato, mais il est en vacances, pas de rdv possible avant le 23 mai, et l’irm est prévue le 27… Re-craquage, même si après coup, en y réflechissant ça n’aurait pas donné grand-chose que je le vois avant, qu’est ce qu’il aurait donné de plus ? Lui aussi semblait à court d’idée niveau cocktail. La matinée se passe, humide et horizontale. Depuis quelques temps, j’ai noté que les matinées sont plus dures que les après midi, patientons…
L’après midi, je décide de me reprendre en main ! Julie a commencé son stage à perpette, je vais aller la rejoindre en passant par les halles, histoire de me changer les idées, et de l’accompagner sur le chemin du retour. Le trajet métro passe à peu près, je sors à St Michel pour marcher un peu. Peut être un peu prétentieux, la distance est longue. Arrivé à la fontaine des halles, je m’allonge sur le marbre, ça fait du bien, ça tire moins. Petit tour à la Fnac, rien à voir, rien à faire, rien à acheter, alors je retourne m’allonger près de la fontaine, ça détend.
Je reprends le métro, direction Aubervilliers. Le trajet me semble bien long, mais arrivé là bas, délivrance ! Je retrouve ma chérie, on fait le trajet du retour ensemble, on parle, ça fait du bien, on se retrouve… J’ai des aigreurs d’estomac, ma jambe me lance, mais de pouvoir parler avec elle dans le métro me permet de passer outre. Arrivés à la maison, on décide de tout faire pour continuer cette soirée de couple comme on n’en a pas eu depuis longtemps ! Papotage avec Urgences en toile de fond, excès de confiance, je me couche avec elle dans la chambre.
Seulement, j’ai un peu forcé, le réveil à minuit est douloureux. Je retourne da « ma chambre », sur le canapé, et je recommence un rituel bien rodé : Oméprazol et Paracétamol à minuit, Ibuprofène à 2h, re Paracétamol à 6h. Ça va un peu mieux, je retourne dans la chambre quelques minutes avant que le réveil ne sonne. Premier réveil ensemble, depuis plus de 2 mois…
Troisième séance de kiné le 6 mai, je suis toujours cassé. Dès que le kiné me demande comment ça va, ptite larme que je contiens presque. Une seule s’échappe. La séance ne me fait pas du bien, je n’ai pas le sentiment que faire du kiné soit le bon moment, peut être trop tôt, finalement. Je rentre à l’appart, et je m’écroule sur le lit en chialant, selon le rituel des derniers jours…
Ras le bol, il faut faire quelque chose ! La maladie, quelle qu’elle soit, c’est aussi dans la tête que ça se combat. Je décide de prendre rdv avec le médecin de famille, et de rentrer en Sarthe. Monsieur est très pris, jeudi c’est férié, le seul créneau c’est mercredi 11h15. Ok, je pars donc en quête de billets de train. Je préviens ma petite femme, qui conclut avec moi que ça ne peut nous faire que du bien que je rentre, même si l’éloignement c’est dur ! Je file à la gare Montparnasse, des billets pour 8h le lendemain matin, ma tante viendra me chercher. Je ne voulais pas partir le mardi, pas sans revoir ma chérie. Je retourne donc rue d’Aubervilliers, après avoir préparé mes affaires. Deuxième soirée de couple, deuxième tentative de couchage dans la chambre. Mais en même temps je continue de baisser le Rivotril. Cette fois-ci, je ne m’endors pas avant l’heure fatidique des minuits, je retourne donc sur le canapé sans avoir fermé l’œil. Et là, chose remarquable se produit, je m’endors quand même !!! Sans rien avoir pris. Je n’y crois tellement pas que, lorsque je me réveille par la douleur 2 heures plus tard, je passe 30 minutes à recompter mes pilules de Paracétamol. Pris, pas pris ? Je ne me souviens pas. Depuis quelques jours, je suis dans les vapes toute la journée, l’action du Contramal à ce qu’il parait. Je me fais quand même confiance, je n’ai pas pris de Paracétamol à minuit ! Je prends les cachets, je me rendors. Et oui, encore une fois, j’arrive à me rendormir rapidement !
Le trajet vers la gare est long, surtout que se rendre à Montparnasse par la ligne 4 c’est un peu galère, l’arrêt se situe sous la tour, bien loin des quais, et je suis quand même un peu chargé. Mais je survis (quel héros …). 55 minutes de TGV à tenir, j’en fais la moitié assis, la moitié dans la voiture bar avec un petit café SNCF, dégueux comme ils savent si bien les faire. J’arrive à la gare, on monte dans la voiture. J’essaie d’expliquer à ma tante qu’on est pas super content qu’elle soit allée toute seule visiter le gite du mariage sans rien nous demander, mais manifestement ça rentre par une oreille et ça sort par l’autre, on ne la changera pas… Je supporte un peu mieux la voiture, je suis content. Tout est dans la tête, je le sais bien (enfin, une partie importante).
Je déballe mon histoire à mon médecin de famille, celui qui me suit depuis la naissance. La dernière fois c’était en septembre, 74kg. 64kg maintenant, la barbe cache un peu le creusement des joues. Il comprend mes besoins, analyse mes différentes réactions face aux différents médicaments, il sait qu’il faut taper fort : ça sera patch de morphine, pendant 15 jours ! Cependant je me sens déjà beaucoup mieux, le changement d’air, je décompresse. J’ai toujours mal, mais j’arrive à espacer les prises de médicaments. Je ne commence donc pas les patchs le soir même. Je pose l’ordinateur sur le lit, je m’allonge sur le ventre, et je reprends l’écriture de ce sujet. Je passe une bonne nuit, réveil à … 5h, un truc de fou !!! Je prends les médocs, et me rendors rapidement jusque vers 8-9h. Soulagement, depuis le temps que j’attends ça !!!
Je ne me fais pas prier pour le dire à ma mère, qui n’est pas franchement rassurée de partir avec ma sœur en Bretagne en me laissant tout seul. La matinée se passe bien, toujours écriture
Du sujet, ça fait aussi du bien de vider son sac. Ma chérie me manque énormément, on s’appelle et se parle sur msn dès qu’on peut.
Entre le repas et l’écriture, cela fait maintenant presque 2 heures que je suis assis sans ressentir trop de douleurs, juste quelque chose de diffus dans la cheville, un petit peu de brulure dans la fesse, un petit mal de dos, mais rien de méchant. Le moral remonte.
J’ai bouclé la boucle, rattrapé le récit commencé dans la voiture sur le retour du weekend de préparation de mariage passé avec Jean Charles et Elodie. 7 pages plus tard j’arrête donc l’écriture qui se fera maintenant « en live », quand il y aura quelque chose de nouveau à raconter.